Borderline. C’est un mot qu’on entend de plus en plus souvent pour décrire des personnalités un peu fragiles, facilement affectées par les petits tracas du quotidien et pour lesquelles la vie semble être plus lourde à porter que pour le commun des mortels. Derrière cette appellation anglo-saxonne qui peut sembler un peu « fashion » se cache d’authentiques souffrances et un véritable champ de bataille entre tenants de la psychanalyse et partisans du behaviorisme. Un débat passionnant.

Trouble de la personnalité borderline : qu’est-ce que c’est ?

Le trouble de la personnalité borderline ou TPB, est également appelé trouble de la personnalité limite ou TPL. C’est une pathologie psychiatrique complexe, dont les symptômes peuvent varier, parfois de façon très importante, d’une personne à une autre.

Le point commun entre les personnes souffrant de TPB est en général une instabilité affective et émotionnelle importante. Comme elles rencontrent des difficultés à gérer leur émotions, elles sont sujettes à des colères soudaines, imprévisibles et aux comportements impulsifs.

Marilyn Monroe, une célébrité souffrant de TPB

Marilyn Monroe, une célébrité souffrant de TPB

Cette hyperémotivité s’accompagne souvent de comportements excessifs qui peuvent se traduire par une tendance aux conduites à risque :

  • Usage de drogue
  • Excès d’alcool
  • Addiction aux jeux
  • Trouble de l’alimentation

Les personnes souffrant de TPB sont aussi plus sujettes à l’automutilation et aux tentatives de suicide.

Sommes-nous tous borderline ?

Il est vrai qu’à lire certains articles, on peut facilement se poser la question. Une tendance à trop faire la fête le week end ? Mon stress me « bouffe la vie » ? J’ai du mal à trouver le bon boyfriend et je zappe d’un mec à l’autre  ? Et si c’était un TPB…

Selon certains spécialistes, Anakin Skywalker, futur Dark Vador, souffrirait de TPB

Selon certains spécialistes, Anakin Skywalker, futur Dark Vador, souffrirait de TPB

C’est là le hiatus entre psychanalystes et behavioristes. Les premiers répugnent à faire rentrer leurs patients dans des cases selon des critères qu’ils jugent stigmatisants.

Les seconds se réfèrent à un ouvrage, le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) ou le CIM (Classification Internationale des Maladies), qui répertorie et classifie chaque pathologie mentale.

Evidemment, les deux camps se tirent à boulet rouge dessus. Les anti-DSM accusent le camp d’en face de faire le jeu des laboratoires pharmaceutiques en « créant » une nouvelle maladie (et les médicaments associés) à chaque fois qu’un symptôme est repéré. C’est d’ailleurs la thèse de ce doc diffusé sur Arte. Les pro-DSM accusent les psychanalystes de laisser les patients souffrir sans prise en charge scientifiquement mesurable.

Je vous l’avais bien dit, le sujet est passionnant. Un peu ardu, mais passionnant.

Comment prendre en charge un TPB ?

Il n’en demeure pas moins que les personnes souffrant de TPB doivent pouvoir obtenir de l’aide.

Pour soulager les symptômes les plus envahissants, un médecin pourra avoir recours à la prescription  d’antidépresseurs et d’anxiolytiques dans le but d’atténuer les symptômes de la dépression et des angoisses. Ce traitement ne « soigne » pas la maladie, il en atténue simplement les manifestations. Les médicaments agissent comme une béquille qu’il faudra bien enlever un jour, ou gare à l’addiction (déjà que les personnes souffrant de TPB on tendance à être accro !).

Le médecin peut aussi prescrire des antipsychotiques (neuroleptiques) pour certains états plus sévères comme des cas de désorientation, troubles de la mémoire ou de la perception,  ou contre la dysphorie, c’est-à-dire une perturbation de l’humeur. Par ailleurs, il existe aussi des thymorégulateurs, stabilisateurs de l’humeur.

La thérapie reste un incontournable dans la lutte contre le TPB

La thérapie reste un incontournable dans la lutte contre le TPB

Dans tous les cas, les médicaments ne doivent pas être la seule solution de traitement. Ils doivent aller de pair avec une psychothérapie pour un travail en profondeur. Trouver le thérapeute qui convient, dans la mesure où la relation entre le patient et le médecin doit être basée sur la confiance, peut être difficile. Il faut parfois accepter de faire plusieurs essais avec des thérapeutes différents avant de ça fasse « tilt » !

Pour ceux qui n’envisagent pas le recours aux médicaments, la psychanalyse offre une alternative appréciable.

Voilà, je suppose qu’il y aurait encore mille choses à dire sur le sujet, mais je ne suis pas spécialiste en santé mentale ! Si ce domaine vous intéresse, voici un forum sur lequel vous pourrez débattre.